Régler sa chaise, son écran et son repose-pieds dans le bon ordre
Trois réglages, un ordre. Le siège d’abord, le plan de travail ensuite, le repose-pied en dernier — l’écran vient après. Pris dans le désordre, chaque étape fige l’erreur de la précédente.

Un poste de travail comporte quatre réglages seulement, et trois d’entre eux dépendent de ce que vous avez décidé juste avant. C’est ce qui rend l’ordre déterminant : ce n’est pas une préférence de méthode, c’est la façon dont les pièces sont accrochées les unes aux autres. Un siège se règle sur un corps, un plan de travail se juge sur des coudes, un repose-pied comble un écart, un écran se cale sur une hauteur d’yeux. Chacun de ces repères n’existe qu’une fois le précédent arrêté.
Pourtant, la plupart des postes se règlent par retouches successives. On monte le siège un jour parce que le bureau paraît haut, on glisse un annuaire sous les pieds la semaine suivante, on relève l’écran le mois d’après quand la nuque tire. Chaque geste est raisonnable pris isolément ; l’ensemble ne tient pas. Ces réglages ne sont pas indépendants : ils forment une chaîne, et une chaîne se parcourt dans un sens.
La chaîne de dépendance, et pourquoi elle n’a qu’un sens

Quatre éléments décident de votre posture assise : la hauteur d’assise, la hauteur du plan de travail, l’appui sous les pieds et la hauteur de l’écran. Trois d’entre eux dépendent des autres. Un seul est imposé de l’extérieur, sans rapport avec votre morphologie : le plan de travail, dès lors qu’il n’est pas réglable.
L’ordre découle de cette contrainte. On règle d’abord ce qui ne dépend que de votre corps : le siège. On confronte ensuite ce siège au plan de travail, qui décide de la hauteur des coudes. Si le plateau ne descend pas jusqu’à vous, c’est le siège qui monte — et les pieds quittent le sol. Le repose-pied n’intervient qu’à cet instant, pour combler un écart désormais connu et mesurable. L’écran passe en dernier parce que la hauteur de vos yeux n’est le résultat de rien d’autre que des trois réglages précédents.
La chaîne des quatre réglages

Les six cotes de la séquence
- Hauteur d’assise
- distance entre le sol et le bord avant de l’assise, siège à vide. C’est la seule cote que votre corps impose ; toutes les autres s’y ajustent.
- Hauteur des coudes
- niveau du coude, bras le long du corps et avant-bras à l’horizontale, une fois le siège réglé. C’est elle qui juge le plan de travail, et non l’inverse.
- Profondeur d’assise
- longueur de l’assise, du dossier au bord avant. Deux à trois travers de doigt doivent rester libres derrière le creux du genou.
- Dégagement sous plateau
- hauteur libre entre le sol et le dessous du bureau, traverse et caisson compris. S’il manque, aucun des autres réglages ne tient.
- Écart sous les pieds
- distance entre la plante du pied et le sol une fois le siège remonté. C’est la hauteur utile du repose-pied, et rien d’autre.
- Inclinaison du plateau
- angle du repose-pied vers l’avant. Elle ouvre l’angle de cheville et se règle après la hauteur, jamais à sa place.
Premier temps : le siège, réglé sur votre corps et sur rien d’autre
À cette étape, oubliez le bureau. Reculez le siège pour vous dégager du plateau, asseyez-vous au fond de l’assise, dos contre le dossier. Tout se règle dans cette position — pas perché sur le bord, pas penché en avant vers le clavier.
- La profondeur d’assise en premier : le dos touche le dossier et il reste un espace libre entre le bord avant de l’assise et le creux du genou, de l’ordre de deux à trois travers de doigt. Trop profonde, l’assise comprime l’arrière de la cuisse ; trop courte, elle ne porte plus la cuisse du tout.
- Le dossier ensuite : sa partie bombée doit tomber dans le creux des lombaires. On règle sa hauteur avant de toucher à son inclinaison, et non l’inverse.
- La hauteur d’assise enfin : montez ou descendez jusqu’à ce que les cuisses soient horizontales et que les pieds reposent à plat au sol, genoux ouverts autour de l’angle droit. C’est votre hauteur de référence, celle que votre corps réclame indépendamment du mobilier.
- Les accoudoirs en dernier : ils se règlent sur les coudes, épaules relâchées et bras le long du corps. Un accoudoir trop haut soulève l’épaule pendant huit heures sans qu’on le remarque.
Notez cette hauteur d’assise, au besoin en marquant le vérin d’un trait de crayon. Elle sert de repère à l’étape suivante : c’est elle qui va devoir bouger, ou pas, et c’est cet écart-là qui décidera de la suite.
Si votre siège ne se règle pas en hauteur
Chaise de salle à manger, tabouret, siège dont le vérin ne tient plus : la hauteur d’assise cesse alors d’être un réglage pour devenir une donnée. La séquence ne change pas d’ordre, elle change de point de départ — vous ne réglez plus le premier maillon, vous le mesurez. Asseyez-vous, constatez où tombent vos coudes par rapport au plateau, puis corrigez ce qui reste corrigeable. Un coussin ferme posé sur l’assise remonte les coudes de son épaisseur, exactement comme le ferait un vérin, et fait apparaître sous les pieds le même écart à combler. Un coussin mou, lui, s’écrase sous le poids du corps et ne remonte rien de stable : il déplace le problème sans le traiter.
Deuxième temps : le plan de travail, réglé sur vos coudes
Approchez-vous du bureau sans rien changer au siège. Le repère est le coude : avant-bras horizontaux, épaules basses, poignets dans le prolongement des avant-bras. La surface de travail devrait arriver à peu près à la hauteur de vos coudes. Deux situations se présentent, et elles ne se traitent pas de la même façon.
Si le plateau est réglable, tout est simple : on le descend ou on le monte jusqu’aux coudes, le siège ne bouge plus, les pieds restent au sol et aucun repose-pied n’est nécessaire. Des pieds vissés réglables ou un cadre assis-debout suppriment le problème à la source ; notre univers pieds de bureau en suit 22 références, de 19 à 230 €.
Si le plateau est fixe — le cas le plus fréquent —, c’est le siège qui doit monter jusqu’à ce que les coudes arrivent au niveau du plan de travail. La hauteur d’un bureau n’a d’ailleurs rien d’une variable : dans le relevé des pieds de table fixes du catalogue, la cote de 710 mm revient d’une marque à l’autre, identique quelle que soit la personne qui s’assiéra derrière. Le mobilier est standardisé, vous ne l’êtes pas.
Le clavier et la souris appartiennent à cette étape
Le plan de travail n’est pas le plateau : c’est la surface où reposent réellement vos mains. Un clavier épais, un repose-poignets ou un tapis matelassé surélèvent cette surface de quelques millimètres à deux ou trois centimètres, et ces centimètres se retranchent de la hauteur de coude que vous venez d’atteindre. Réglez-les maintenant, tant que le siège peut encore bouger. Le repère est le poignet : dans le prolongement de l’avant-bras, ni cassé vers le haut sur un clavier trop épais, ni plongeant dans le vide. La souris se place à la même hauteur que le clavier et assez près pour être atteinte sans écarter le coude du corps ; un bras tendu de côté toute la journée fatigue l’épaule bien avant le poignet.
Vérifiez au passage que les cuisses passent librement sous le plateau, sans frotter un caisson ni un tiroir. Un dégagement insuffisant annule tout le reste : vous reculerez le siège pour trouver de la place, le dos quittera le dossier et le réglage précédent ne servira plus à rien.

Troisième temps : le repose-pied, pour combler un écart mesuré
Le siège a été remonté : vos pieds ne touchent plus le sol, ou n’y touchent que du bout des orteils. L’écart à combler est maintenant une valeur, plus une impression. Assis normalement, cuisses horizontales, mesurez la distance entre la plante du pied et le sol. C’est la hauteur utile du repose-pied — ni sa hauteur maximale, ni la hauteur annoncée sur la fiche produit. La mesure est détaillée sur notre page hauteur de repose-pied.
Deux réglages suivent, dans cet ordre. La hauteur d’abord : le plateau monte jusqu’au contact franc de toute la plante, ni plus, ni moins. Trop bas, il ne sert à rien ; trop haut, il remonte les genoux au-dessus du bassin et fabrique une nouvelle mauvaise posture — le problème a changé de place, il n’a pas disparu. L’inclinaison ensuite : une dizaine de degrés vers l’avant, jusqu’à une vingtaine, ouvrent l’angle de cheville et laissent le talon en contact. Elle se règle après la hauteur, jamais à sa place.
Le type de modèle découle de l’écart mesuré, pas d’une préférence. Un écart de quelques centimètres se comble avec un coussin ou un plateau bas — 6 modèles suivis, de 21 à 34 € — en gardant en tête qu’une mousse s’écrase sous la charge et monte donc moins haut qu’elle ne l’annonce. Un écart plus important demande un plateau réglable : 22 modèles suivis, de 11 à 56 €. Le hamac, lui, ne relève pas de cette étape : il suspend les jambes au lieu de rendre un appui ferme, et ne referme pas l’écart que vous venez de mesurer.
Une fois le plateau posé, un dernier contrôle vaut la peine : levez-vous, rasseyez-vous, et regardez où vos pieds retombent. S’ils se posent à côté de l’appui plutôt que dessus, c’est sa position au sol qu’il faut corriger, pas sa hauteur. Le reste des gestes quotidiens est détaillé sur notre page comment utiliser un repose-pied.
Quatrième temps : l’écran, une fois tout le reste fixé
La hauteur de vos yeux vient d’être décidée par les trois réglages précédents. C’est tout l’intérêt de placer l’écran en dernier : réglé avant, il aurait été calé sur une hauteur d’assise provisoire, et il faudrait le reprendre dès le premier ajustement du siège.
Le repère tient en une phrase : le haut de la zone d’affichage se situe à peu près à hauteur des yeux, l’écran est à une distance de bras tendu, et l’axe du regard descend légèrement plutôt qu’il ne monte. Trop bas, l’écran fait pencher la tête en avant ; trop haut, il fait relever le menton et tend la nuque. Sur un ordinateur portable, aucun compromis n’existe : l’écran et le clavier sont solidaires, remonter l’un descend l’autre. Un support qui surélève la machine, complété d’un clavier séparé, reste la seule façon de traiter les deux à la fois — et le clavier séparé relève alors du deuxième temps, pas du quatrième.
Pourquoi l’ordre inverse fige une erreur
Ce que produit l’ordre inverse
Description de l’animation
Animation en boucle, vue de profil, d’une silhouette assise à un bureau dont le plateau est fixe. Étape 1 : un repose-pied apparaît en premier sous les pieds et se règle à une hauteur qui paraît juste ; une cote s’affiche à côté du plateau puis se verrouille, marquée d’un cadenas. Étape 2 : la silhouette approche du bureau ; les coudes arrivent nettement sous le niveau du plan de travail et les épaules se soulèvent pour compenser, la zone des épaules se colore. Étape 3 : le siège monte pour rattraper la hauteur des coudes ; le repose-pied verrouillé ne bouge pas et un vide se creuse sous les pieds, mesuré par une cote qui apparaît et grandit. Étape 4 : la séquence rembobine et rejoue dans le bon ordre — le siège d’abord, puis la remontée jusqu’aux coudes, puis le repose-pied qui monte jusqu’au contact ; la cote de vide tombe à zéro et les épaules redescendent. Puis retour à l’étape 1.
L’ordre inverse ne produit pas un poste un peu moins bon : il produit un poste faux, qu’on ne peut plus corriger par petites touches. Le scénario le plus courant commence par l’accessoire. On achète un repose-pied, on le règle à une hauteur qui paraît confortable, puis on approche le siège du bureau et on découvre que les coudes sont trop bas. On remonte alors le siège — et le repose-pied, calé sur l’ancienne hauteur d’assise, se retrouve trop bas d’exactement la valeur dont le siège vient de monter.
Le second scénario est plus discret et plus répandu encore : régler le siège sur le bureau au lieu de le régler sur soi. On descend l’assise jusqu’à poser les pieds au sol, ce qui semble être le bon geste, et les coudes tombent alors sous le niveau du plateau. Les épaules montent pour compenser, sans qu’on le décide et sans qu’on le sente sur le moment. Les pieds sont posés, personne ne cherchera de ce côté-là : le repose-pied paraît inutile alors qu’il est précisément ce qui manque.
Le piège tient à ce que chaque réglage, pris séparément, semble juste. Les pieds sont posés, les coudes sont à niveau, l’écran est droit. Ce qui cloche est la combinaison, et une combinaison ne se voit pas : elle se sent en fin de journée, dans les cuisses, dans le bas du dos ou dans la nuque. Reprendre le poste dans l’ordre, en une seule fois, coûte moins de temps que la série de retouches qu’on finit sinon par enchaîner.
Les quatre étapes, leur repère et le coût de les prendre trop tôt
| Étape | Ce que vous réglez | Le repère à viser | Ce qu’elle casse si vous la faites trop tôt |
|---|---|---|---|
| 1 · Le siège | Profondeur d’assise, dossier, hauteur d’assise, accoudoirs | Cuisses horizontales, pieds à plat, genoux autour de l’angle droit | Rien : c’est le seul réglage qui ne dépend d’aucun autre |
| 2 · Le plan de travail | Hauteur du plateau ou remontée du siège, puis clavier et souris | Avant-bras horizontaux, épaules relâchées, coudes au niveau du plateau | Réglé avant le siège, il impose une assise trop basse et fait monter les épaules |
| 3 · Le repose-pied | Hauteur d’appui, puis inclinaison du plateau | Contact franc de toute la plante, genoux jamais au-dessus du bassin | Réglé avant les deux premiers, il est faux de la hauteur dont le siège bougera ensuite |
| 4 · L’écran | Hauteur, distance, orientation | Haut de l’affichage à hauteur des yeux, à une distance de bras tendu | Réglé avant l’assise, il est calé sur une hauteur d’yeux provisoire |
Quand reprendre la séquence, et à partir de quel maillon
Un poste n’est pas réglé une fois pour toutes. Certains changements cassent la chaîne à un maillon précis : il faut alors reprendre à partir de ce maillon, et de tous ceux qui le suivent, mais pas de ceux qui le précèdent.
- Vous changez de siège : reprenez tout, depuis le premier temps. La hauteur d’assise de référence n’est plus la même.
- Vous changez de bureau, ou vous posez un tapis épais sous les roulettes : la hauteur relative du plateau a bougé, reprenez au deuxième temps.
- Vous changez de clavier, ou vous ajoutez un repose-poignets : la surface d’appui des mains a monté, reprenez également au deuxième temps.
- Vous passez des chaussures de ville aux chaussons en télétravail : la semelle modifie l’écart sous les pieds, reprenez au troisième temps.
- Vous ajoutez un second écran ou vous basculez sur un portable : seul le dernier temps est concerné.
- Vous vous surprenez à ramener les pieds sous le siège plusieurs fois par jour : le troisième temps est mal réglé, la hauteur d’appui ne correspond pas à l’écart réel.
Questions fréquentes
Faut-il vraiment tout reprendre, ou peut-on corriger une seule étape ?
Cela dépend du maillon touché. Un réglage se corrige seul à condition qu’aucun de ceux qui le précèdent n’ait bougé. Changer d’écran ne remet rien d’autre en cause ; changer de siège remet tout en cause. En cas de doute, repartez du siège : reprendre la séquence entière est plus court que de chercher, réglage par réglage, lequel a bougé.
Mon bureau est trop haut et ne se règle pas : repose-pied ou nouveau bureau ?
Les deux réponses sont valables, elles n’ont ni le même coût ni la même portée. Un repose-pied compense l’écart pour un poste et pour une personne : c’est l’option la plus rapide, entre 11 et 56 € pour les modèles réglables suivis sur le site. Rendre le plateau réglable traite la cause et sert à tous ceux qui s’assoient derrière ; comptez de 19 à 230 € selon qu’il s’agit de pieds vissés ou d’un cadre assis-debout électrique.
Où placer le repose-pied par rapport au bureau ?
Assez en avant pour que le pied s’y pose sans que vous ayez à tendre la jambe, assez en arrière pour que les genoux restent sous le plateau. Réglez-le à l’endroit où vos pieds tombent naturellement une fois assis au fond du siège, pas à l’endroit où le mobilier le laisse. Sur parquet ou carrelage, les acheteurs signalent régulièrement les plateaux légers qui voyagent : les patins comptent autant que la hauteur.
Et si mes pieds touchent déjà le sol à la fin du deuxième temps ?
Alors la séquence s’arrête là et vous n’avez pas besoin de repose-pied. Un plateau de faible hauteur garde un intérêt dans un seul cas : lorsque le bord avant de l’assise appuie sur l’arrière des cuisses malgré des pieds posés. Les 16 modèles ergonomiques suivis sur le site, de 19 à 49 €, couvrent surtout ces faibles hauteurs.
Passez à la troisième étape
Une fois le siège et le plan de travail fixés, il ne reste qu’une valeur à combler. Le comparateur rassemble les repose-pieds suivis sur le site, classés par famille, avec les notes relevées auprès des acheteurs.


